Je me souviens d'une soirée de pique-nique après une longue randonnée, quand quelqu'un a demandé, presque nonchalamment : « Alors, quelle est la randonnée la plus difficile au monde ? » Un silence s'est installé, puis chacun s'est mis à parler en même temps. Des sentiers différents. Des pays différents. Des définitions différentes de la douleur. Cette conversation m'a marquée car elle a révélé quelque chose d'important. La randonnée la plus difficile est rarement une question de distance ou de dénivelé. C'est une question de ce que le sentier exige de vous physiquement, mentalement et émotionnellement.
Si vous cherchez une réponse unique et définitive, vous risquez d'être déçu. Si vous vous interrogez sur ce qui rend une randonnée vraiment éprouvante, vous posez une bien meilleure question.
Pourquoi le terme « le plus difficile » est difficile à définir
La difficulté d'une randonnée ne se résume pas à un simple chiffre. Le dénivelé, l'altitude, le terrain, les conditions météorologiques, l'isolement et la durée interagissent et peuvent mettre à rude épreuve même les randonneurs les plus aguerris. Une randonnée qui paraît accessible à une personne peut sembler insurmontable à une autre, selon sa condition physique, son expérience et les conditions.
J'ai vu des randonneurs aguerris peiner sur des sentiers courts mais techniques, et des débutants se surprendre eux-mêmes sur des itinéraires longs et réguliers. Le contexte est important.
Randonnées souvent considérées comme parmi les plus difficiles
Bien qu'il n'existe pas de randonnée plus difficile qu'une autre, certains itinéraires sont fréquemment cités en raison des exigences extrêmes qu'ils imposent aux randonneurs.
Passerelle de planches du mont Huashan, Chine
Ce parcours est tristement célèbre non pas pour sa longueur, mais pour son vertige. D'étroites planches de bois boulonnées à flanc de falaise exigent une concentration absolue et une parfaite maîtrise du vide. Le défi mental est aussi intense que le défi physique. La peur à elle seule rend cette randonnée insupportable pour certains.
Mont Kilimandjaro, Tanzanie
Techniquement facile, mais incroyablement difficile en raison de l'altitude. Nombreux sont les randonneurs qui sous-estiment la violence du mal d'altitude. Le sentier en lui-même est praticable à pied. L'air raréfié, en revanche, est impitoyable.
Le Chemin de l'Inca, Pérou
Ce n'est ni la randonnée la plus longue ni la plus abrupte, mais elle est exigeante en raison de l'altitude, des escaliers, de l'humidité et de l'endurance requise sur plusieurs jours. La combinaison de l'effort physique et des contraintes environnementales la rend plus difficile qu'il n'y paraît.
Sentier Kalalau, Hawaï
Un sentier côtier étroit, parsemé de dénivelés abrupts, de boue, de passages de rivière et soumis à une météo imprévisible. La pluie peut transformer certains tronçons en véritables cauchemars glissants. L'isolement du lieu accentue encore la difficulté.
Trekking du camp de base de l'Everest, Népal
Longue, exigeante et impitoyable. La difficulté réside dans l'effort soutenu en altitude pendant plusieurs jours. Le froid, la fatigue et l'endurance mentale épuisent progressivement les randonneurs.
Ce qui rend réellement une randonnée difficile
Altitude
Le manque d'oxygène affecte la force, la coordination, l'appétit et le sommeil. L'altitude transforme une simple marche en un effort épuisant.
Exposition
Les falaises, les sentiers étroits et les à-pics accentuent la tension mentale. La peur épuise l'énergie plus rapidement que les ascensions abruptes.
Terrain
Les terrains rocailleux, la boue, la neige ou les passages d'escalade exigent une concentration constante. Les terrains accidentés sollicitent les muscles stabilisateurs.
Météo
Le vent, la chaleur, le froid et la pluie peuvent considérablement compliquer les choses. La météo compte souvent plus que la distance.
Durée
Les randonnées de plusieurs jours accentuent la fatigue. Les petits désagréments s'amplifient de jour en jour.
Éloignement
Savoir que l'aide est loin ajoute un poids psychologique. La prise de décision devient plus sérieuse.
Trois observations réelles tirées du sentier
1. La courte randonnée qui a brisé les cœurs
J'ai vu une fois des randonneurs faire demi-tour sur un sentier court et escarpé, très exposé. La distance n'avait aucune importance. Seule la peur et l'instabilité du terrain comptaient.
2. Le long périple qui a épuisé tout le monde
Un itinéraire de plusieurs jours à altitude modérée semblait facile le premier jour et exténuant au cinquième. La fatigue accumulée a tout changé.
3. Le sentier « facile » en altitude
Un sentier large et bien entretenu est devenu extrêmement difficile, la simple respiration étant devenue un effort. L'altitude a mis tout le monde à rude épreuve.
Une petite digression sur l'ego
Nombreux sont ceux qui recherchent la randonnée la plus difficile comme un trophée. Cette mentalité peut s'avérer dangereuse. La randonnée la plus difficile n'est pas celle qui porte le nom le plus prestigieux, mais celle qui vous pousse à dépasser vos limites. Respecter cette différence, c'est être un bon randonneur.
Ce que j'ai retenu personnellement après de nombreux sentiers
Il n'existe pas de randonnée plus difficile que les autres au monde. La difficulté est subjective et dépend du contexte. La randonnée la plus ardue est celle qui met à l'épreuve simultanément votre forme physique, votre confort, votre concentration et votre jugement. Les meilleurs randonneurs ne sont pas ceux qui recherchent les sentiers les plus difficiles, mais ceux qui connaissent leurs limites et choisissent des défis qui les poussent à se dépasser sans les épuiser.